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Notre situation
Notre départ du théâtre de la Presle se fera à la fin de l'été.
Actuellement nous n'avons toujours pas de lieu, alors si vous avez des idées pour nous aider, sachez que nous sommes preneurs!
Car bien entendu, nous poursuivons notre action théâtrale: création et rencontres avec les publics.
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QUELQUES LETTRES DE SOUTIEN:

Je souhaite apporter mon soutien à Serge Brozille et à toute son
équipe qui depuis des années nous régale de textes originaux,de mises
en scène épurées...
Descendre du Royans pour une soirée theatrale à Romans est un bonheur
qui nous donne le sentiment d'avoir comme à la ville "droit à la
culture"...
Danièle PIC
Elue au Conseil Général de la Drôme
Maire de Saint-Jean-en-Royans
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Après la privatisation à a hussarde du service des eaux, sans en avoir débattu lors de la campagne électorale précédente (un an auparavant)...
Après avoir instauré un système de parkings payants alors qu'un référendum, pourtant organisé par la ville, avait demandé le contraire...
Après la fermeture de l'école Chopin, sans avoir ni informé la population concernée ni débattu avec elle...
Après avoir augmenté les impôts locaux de 9% puis 8% alors que les problèmes budgétaires avaient été niés lors de la campagne précédente...
HB, PD et leur municipalité, une fois de plus s'arrangent de la démocratie locale...
Le mépris dans lequel ils tiennent les romanais qui proposent, essayent de comprendre, agissent et luttent en dit long sur leurs convictions politiques.
Amicalement.
Jacques FAURE
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Ils ont nom Simon, Morgane, Martin, Alexandre, Samy, Louisa....
Ils ont été mes élèves au collège Malraux....
Avec moi, ils sont venus au théâtre de la Presle, les plus jeunes avaient onze, douze ans. Assis au premier rang, ébahis, enchantés, ils ont découvert un monde ignoré qui s'offrait à eux. Au fil des années, ils sont revenus, amenant avec eux leurs parents, des amis, mais oui!
Lycéens, ils ont continué à être des abonnés assidus, je les revois au fil des spectacles présentés par la compagnie de l'Oeil Nu. Un jour, devenus parents, ils emmèneront au théâtre leurs enfants....
C'est la présence efficace, active, chaleureuse, amicale, des gens de la compagnie de l'Oeil Nu qui a permis à ces enfants , parmi des dizaines d'autres, de connaître le bonheur sans pareil d'aimer et de vivre le théâtre.
Et l'on veut chasser de Romans cette compagnie? Mettre fin au beau travail mené à bien pendant des années?
Honte à ceux qui n'ont pour toute ambition que de remplacer la culture par une vitrine médiatique tapageuse....
Honte à ceux qui veulent empêcher les Simon, Morgane, Martin et tant d'autres d'avoir la même chance que leurs aînés....

De tout coeur avec l'Oeil Nu,
Roselyne Jung, ex-professeur de Lettres
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Bonjour,

Je suis évidemment d'accord pour signer cette pétition.

Le Théâtre de la Tête Noire a toujours été magnifiquement accueilli à Romans que ce soit avec Hiroshima mon amour de M.Duras, Un jour en été de Jon Fosse ou encore Noces de sang de F.G. Lorca.
Les représentations ont été fréquentées par un très large public et l'accompagnement des artistes invités par l'équipe de l'Oeil Nu était en tous points exemplaires.
Un Théâtre qui ferme c'est toujours un échec pour la politique culturelle d'une ville. Au même titre que n'importe quel autre service public: école, crèche, service hôpital.
Plus les difficultés sociales s'accumulent et plus la population a besoin de refuges, de lieu où le lien est encore possible, d'espaces de convivialité, de divertissement, d'échanges et de réflexion. Les théâtres remplissent cette fonction.
Les électeurs ne s'y trompent pas. Les personnes les plus humbles ont un profond respect pour les artistes qui le leur rendent bien et c'est un mauvais calcul que de penser "sauver" une ville en privant la population de ces "échappatoires" avec des économies somme toute assez minimes à l'échelle d'une ville. Les artistes ont conscience de la gravité de la situation dans laquelle se trouvent actuellement les collectivités locales mais c'est peut-être justement le temps de consolider les alliances entre élus et responsables de structures culturelles pour que ce formidable réseau qui fait honneur à notre pays ne soit pas démantelé par des décisions dictées par l'urgence.
Un théâtre aussi solide mais aussi fragile qu'un arbre s'abat en quelques instants alors qu'il a fallu des dizaines d'années pour qu'il s'élève au milieu de la ville.
Courage à tous, artistes, spectateurs et ... élus garants des politiques culturelles.
Et que le débat puisse ensemble vous permettre de rebondir avec lucidité et devenir.

Patrice Douchet, Metteur en scène et directeur du Théâtre de la Tête Noire, Scène conventionnée pour les écritures contemporaines de Saran (Orléans)/ Loiret
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Villeurbanne le 6 janvier 2010

Cher(e)s camarades, chers tous,

C’est avec une immense tristesse mêlée d’amertume que j’apprends que la Ville de Romans ne souhaite pas reconduire la convention permettant à la Compagnie de l’Oeil Nu basée au Théâtre de la Presle de réaliser sa magnifique mission culturelle et artistique au sein de la Ville.

Cette douloureuse situation nous oblige à nous interroger sur la précarité de notre rôle et nous pousse à constater combien les simples citoyens que nous sommes peuvent du jour au lendemain être considérés comme de vulgaires pions sur l’échiquier d’une société fondée pourtant sur des valeurs démocratiques. Et là, en nous, le doute s’installe et nous voilà contraints à ruminer un ressentiment qui nous use comme un poison.

S’il vous plait, Messieurs les Politiques, ayez un peu plus de considération pour ceux qui vivent de leurs convictions humanistes, qui aiment les partager, et qui, tel l’équipe de l’Oeil Nu, par leurs choix artistiques, savent transmettre à leur public, fidèle et nombreux, un théâtre intelligent, beau, ouvrant les esprits vers la réflexion profonde, intéressant tous les publics par les choix esthétiques variés, partageant avec d’autres équipes artistiques leur plateau, leur point de vue sur les mondes qui nous avalent…

Ici, au Théâtre Astrée de l’Université Claude Bernard Lyon 1 que nous dirigeons depuis 2005, nous aimons accueillir chaque année la Cie de l’Oeil Nu. Grâce à eux de nombreux étudiants et lycéens ont pu découvrir Anna Séghers, Bohumil Hrabal, Olivier Chiacchiari et bien d’autres écrivains et auteurs… Des rencontres et des débats ont eu lieu à l’IUFM de Lyon, dans des Lycées et notre public fidèle aux spectacles de la Cie de l’Oeil Nu a pu apprécier d’année en année une politique culturelle juste et ambitieuse à travers les spectacles de la Cie, considéré comme la «vitrine » d’une Ville qui refuse de s’éteindre malgré les nombreuses fermetures de ses usines de chaussures de luxe.

Nous-mêmes gardons de nos nombreux passages sur les plateaux des théâtres de la Presle ou de Jean Vilar un magnifique souvenir, grâce au public romanais qui, chaque année, continue à nous suivre et à nous aimer. Et nous savons parfaitement que cela est ainsi grâce au travail magnifique de relations publiques réalisé par toute l’équipe de l’Oeil Nu. Chaque fois que nous sommes venus jouer ici à Romans, nous avons fait salle pleine, nous avons joué devant un public romanais heureux et fier de son théâtre, aimant ceux qui l’animent, parce qu’il sait très bien qu’une « âme » sincère, juste, authentique est avant tout ce qui apporte la vie au Théâtre.

J’espère de tout cœur que cette fâcheuse situation ne sera qu’un mauvais souvenir, que l’Oeil Nu continuera encore longtemps à être le bel « ambassadeur » artistique de la Ville de Romans et que le Théâtre de la Presle, tel qu’il est conçu depuis des années, c'est-à-dire comme un lieu de transmission de textes d’auteurs et d’écrivains, respectant l’intelligence et la sensibilité du public, continuera encore longtemps d’accueillir des compagnies, régionales et hors région, talentueuses, se souciant moins de leur image médiatique, télévisuelle et autres superficialités que de leur véritable mission généreuse de partage d’un Théâtre d’Idées, tel que nos pères, Antoine Vitez ou Jean Vilar, ont su nous l’inculquer.

Je vous remercie de nous compter parmi ceux, nombreux, qui se mobilisent pour que l’Oeil Nu ne meurt pas et qui souhaitent qu’un véritable Théâtre Populaire, dans sa définition « vilarienne », puisse continuer à exister à Romans.

Françoise Maimone et toute son équipe
COMPAGNIE FRANCOISE MAIMONE - THEATRE ASTREE - UNIVERSITE CLAUDE BERNARD

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Mais qui êtes vous, Monsieur le Maire ?
Je connais et apprécie le travail théâtral de Serge Brozille, Christiane Gatt et l'équipe qui les entoure depuis de nombreuses années. Je les connais en tant que professionnel, en tant que spectateur, en tant que citoyen aussi: rares sont les artistes qui ont su avec tant d'énergie, de détermination, d'engagement, mettre leur art au service des idées, et je leur en sais gré.
Ce sont devenus des amis, pour ces raisons là.
J'ai cru qu'il nous fallait des « ilôts de résistance » et qu'ils pouvaient être incarnés par nos responsables politiques, particulièrement dans des situations locales.
Si les informations qui m'ont été transmises sont réelles, que penser de votre attitude et de vos projets à venir concernant l'Oeil Nu ?
Je connais et fréquente nombre de Romanais, de toutes catégories sociales.......
L'Oeil Nu est pour chacun d'eux important, essentiel même pour certains......
Que souhaitez vous?
Sombrer dans la démagogie la pire ?
Renier vos engagements?
J'ai pris la peine évidemment de lire attentivement votre parcours sur le site de la Mairie ….. nous avons le même, mis à part les mandats, mais le même parcours intellectuel sans doute.... et je ne comprends pas ce que vous vous apprêtez à faire.
Je ne vous parle pas en poète, mais en gestionnaire d'entreprises culturelles, et en citoyen responsable.
Que vous apprêtez vous à faire? Et pour quelles obscures raisons.....????
J'avoue ne pas comprendre !
Et, s'il vous plait, ne mettez pas en avant les questions financières, dont je m'amuserais sans difficulté à démontrer qu'elles ne sont qu'un leurre!!
Nombre d'élus de collectivités seraient ravis d'aider une équipe aussi intègre et aussi intellectuellement et artistiquement pertinente que L'Oeil Nu, avec une sanction publique si positive, ce que vous ne pouvez pas nier !!!!
Les propos que l'on vous prête (puisque qu'aucune décision officielle n' a été publiée) sont proprement incompréhensibles..........
Je connais bien mon métier (j'administre depuis trente ans des structures culturelles) et n'ai jamais été confronté à une telle attitude.
Cela ne correspond pas à votre engagement politique.
Cela ne correspond pas à vos responsabilités politiques non plus !
Je souhaite donner au présent courrier la plus grande publicité, tant auprès de mes ami(e)s artistes que politiques.
Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas voir disparaître de cette manière que je juge indigne le travail de l'Oeil Nu à Romans.
Je me tiens à votre disposition pour tout entretien que vous souhaiteriez...
Je vous prie de croire, Monsieur le Maire, à l'assurance de mes sentiments respectueux.

Francis Doré
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A l’attention de Monsieur Henri Bertholet

Maire de Romans sur Isère

Monsieur le Maire,

C’est avec beaucoup d’inquiétude que je viens d’apprendre l’incertitude dans laquelle se trouve l’équipe de l’Œil nu. Comme je connais bien leur travail, je tiens par la présente à soutenir une équipe artistique qui a su s’investir sur le long terme, fidéliser un public grâce à un important travail de terrain tout en maintenant une véritable exigence artistique. La disparition du théâtre de la Presle serait préjudiciable à Romans car elle s’inscrirait dans la droite ligne d’une culture d’apparat comme le souhaite le gouvernement actuel. L’équipe de Serge Brozille nous montre que le travail de proximité permet de rencontrer un public qui vient au théâtre pour autre chose que les têtes d’affiche, pour y trouver un regard sur le monde d’aujourd’hui, pour y trouver du sens. C’est un exemple de culture populaire en harmonie avec les idées que vous défendez. L’histoire récente du théâtre nous rappelle que les aventures artistiques majeures ( Dasté, Planchon pour parler de notre région) ont toujours été menées par des créateurs. L’équipe du théâtre de Romans en fait partie et son bilan plaide pour elle.

Veuillez…..

Gilles granouillet
Directeur de Travelling théâtre, Auteur associé au CDN de Saint Etienne
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Bonjour,
C'est avec une grande émotion que j'apprends que la municipalité de Romans souhaite mettre un terme à l'action menée par la compagnie de l'oeil nu depuis tant d'années.
La culture offre aux hommes une base de réflexion indispensable sur ce que nous avons été, ce que nous sommes, ce que nous allons devenir. Elle donne à tous ce ciment, cette continuité que malheureusement les politiques sont incapables d'apporter. C'est un droit dont on voudrait priver les citoyens.
Les édiles devraient s'en faire un devoir. Triste sort, bien tristes sires.
Le discrédit des hommes politiques dans l'opinion, est tel aujourd'hui, qu'à n'en pas douter, ils n'ont plus grand chose à perdre et à prouver de ce côté-là.
Nous vivons aujourd'hui une surprenante démocratie. On sauve les établissements bancaires et on condamne les établissements culturels. "L'argent n'a pas d'odeur" et les artistes sentent mauvais. Les "intermitteux" n'ont qu'à bien se retenir, que les traideurs s'expriment...

Bien triste décision.

Tout mon soutien
Patrice Fay,Théâtre de l'épi d'or
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Bonjour,

Professeur de lettres au lycée du Dauphiné et travaillant en partenariat avec cette compagnie depuis huit ans -et pleine satisfaction-, je souscris à la pétition "Sauvons l'Oeil Nu à Romans".

Il est indispensable que de tels outils de diffusion de la culture continuent d'exister ; ils font naître l'amour du théâtre et le sens de l'ouverture culturelle chez un grand nombre d'élèves qui, d'ailleurs, deviennent souvent de fidèles spectateurs à titre personnel.

Mme Galandon Aurèle
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quel bordel, adèle,
quel boxon, léon,
quel merdier, andré....

Serge Brozille a été un rare dans cette région à nous ouvrir ses portes pour répéter dans des conditions décentes.....
sans compter que les spectacles créés et accueillis nous ont nourris le coeur et l'esprit....

les politiques sont parfois décevantes....
que ce soit celle de Romans nous attriste d'autant plus.

bon courage

hal Collomb
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Monsieur Henri BERTHOLET
Député Maire de ROMANS

L’autre matin au petit jour…
Je t’ai croisé au Funérarium…
On enterrait un artiste Romanais, qui oeuvra là autour.
Dans ta ville, dans la Drôme, un homme.
J’étais heureux de croiser ton regard…
Je te croyais un frère pour les Arts…
Et me prenais à rêver…
Ô moi bougre de rêveur !
Un artiste « mort » avec les honneurs !
De penser : enfin de l’amitié, de la solidarité !
Après nos mains posées sur le cercueil..
Je repartais, nous repartions, certains, en deuil.
De perdre un homme à contre-courant
Un humain s’arcqueboutant.
De te sentir à nos côtés…un élu !
Je rêvais moi, l’impénitent naïf fourbu..
Je t’estimais, ce matin là, encore plus…
A l’aube, parmi les miens, ému.
Aujourd’hui tout s’écroule…
Le mur loin de s’abattre monte contre la foule.
Le mur de l’obscurité
Vient encore une fois se dresser…
Un mur immense bien éclairé..
Un mur pour protéger la bourse…
Un mur pour tarir la source…
Le mur de la Honte !
Etre un Artiste la Honte !
Une décisison arbitraire veut arrêter les mots…
Eteindre les lumières, pourfendre les idéaux.
Nous revoilà aux temps sombres, interdits de cercueil

Nous revoilà, bânis, excommuniés..
Déchirée la feuille !
La convention dénoncée ! Refusée.
Je pleure, je hurle de douleur
Et crache aux cieux ma rancœur.
Un conseil, allez encore plus loin, Monsieur le fossoyeur
Brûlez les livres, entretenez la peur…
Rejoignez la cohorte des serviteurs
De l’argent et de son odeur…vous l’ ancien professeur….
En attaquant le THEATRE de l’Oeil Nu…
Vous nous crevez les yeux…
Vous entrainant vous-même dans une profonde cessité.
Vous piétinez, démocratie et laïcité.
Ce matin là, au cimetière de Valence, Henri
Tu devais prendre la pelle,
Et y aller de plus belle !
Enterrer toi-même Alain Colombani…
L’image d’une insoutenable violence
Aurait révélée à coup sûr son implacable cohérence !
Bonne Année 2010 –
SARKOZY veut Panthéoniser Camus
BERTHOLET à Romans enterre l’Oeil Nu .


Jean-Pierre YVARS

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Bonjour,

Je lis dans les Allobroges le poème de J.P. Yvars. Emouvant et poignant. Qu'il est désespérant de voir des édiles locaux, devenu des pontifes, gérer la Culture comme on gère une entreprise au prétexte de faire des "économies".

Il fut un temps (1991-1996) où cotoyant Bertholet à l'IUFM, j'appréciais son discours, comme celui de M. Rivasi d'ailleur, sur les vertus de la culture et de l'éducation populaire.

Tout cela a bien changé me semble-t-il.

Gérard Molines, professeur agrégé, docteur en géographie; retraité et sans mandat
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Cher Henri,
La rupture soudaine de la convention liant la Ville de Romans et la Cie de l'Oeil Nu nous a fortement secoués Brigitte et moi, ainsi que tous les membres de la compagnie Transe Express qui a souvent participé aux festivités romanainses.
J'ai déjà pris la plume pour te soutenir, notamment lorsque le carnaval était attaqué. Aussi je me permets de t'interpeller sur ce qui me semble être une "erreur historique". La politique culturelle de la ville de Romans a souvent brillé à nos yeux par ses choix et la pluralité de ses acteurs. Notamment la saison culturelle, réalisée par un collectif réunissant service de la ville, compagnie et Maison des jeunes, fait figure d'axception. Casser subitement une collaboration de plus de 20 ans, en "octroyant" un délai de six mois est brutal et ressenti par chacun comme injuste. Les divergences entre Serge, Christiane et toi,comme tu les annonais lors de tes voeux, pourraient être un bon départ de discussion pour avancer. Elles ne sont pas des raisons objectives pour casser les reins d'un duo qui s'est battu corps et âme pour faire vivre le spectacle vivant à Romans.
Et si leur pratique du théâtre peut paraître classique dans sa forme, ils savent faire partager la passion de la scène, notamment aux jeunes.
Souviens-toi, Henri,
En 2005, Hervé Mariton, Maire de Crest, à Droite, ex-Millioniste, vire le Transe Express de Crest (nous avons même envisagé ensemble l'hypothèse d'être accueillis à Romans...).
En 2009, Franck Reynier, Maire de Montélimar, à Droite, envoie balader le Théâtre du Fust de l'autre côté du Rhône.
En 2010, Henri Bertholet, Maire de Romans...
Tu imagines ton nom à la suite de cette sinistre liste. L'image est désastreuse pour l'ex-adjoint à la culture de Jean Lapassat.
Je reste persuadé qu'une renégociation de cette rupture de convention entre l'Oeil Nu et Romans est possible et permettrait à chacun de garder la tête haute, et à nous tous de ne pas avoir peur de revenir à Romans.
Cordialement,
Gilles Rhode et Brigitte Burdin
Lundi 8 février 2010
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Sauvons l'Oeil Nu et la spécificité romanaise

La plupart d'entre vous sont déjà au courant de la situation de la Cie de l'Oeil Nu à Romans. La municipalité veut mettre fin au contrat qui la liait à la compagnie depuis 1986, sans respecter les modalités prévues au contrat. Après avoir avancé des difficultés financières pour justifier cette décision, ces dernières sont actuellement misens au second plan. Maintenant, la municipalité souhaite mettre en place une autre "politique culturelle". Pour cela, elle a demandé un "diagnostic conseil sur les politiques culturelles". Sans en attendre les conclusions, les décisions sont prises. La Cie de l'Oeil Nu est la première visée, mais les derniers écrits du maire et de son adjointe à la culture dans le Romans Magazine indiquent que c'est l'ensemble de la politique culturelle qui est visée et sous-entendent que les autres acteurs culturels qui assurent la programmation annuelle (comme la Courte Echelle ou la Sté des Concerts) sont concernés.
La pétition "Sauvons l'Oeil Nu" qui a été lancée par le Comité de soutien à la compagnie a déjà recueilli plus de 2000 signatures. Ces signatures, exigent le maintien de la compagnie et de ses missions (création, diffusion, formation) qu'elle a respectée et défendent le sort des cinq salariés de l'équipe permanente de la compagnie, et tous ceux qui en dépendent (techniciens, comédiens musiciens, graphistes, artisans, etc...) ILs veulent aussi soutenir un théâtre de qualité, ils souhaitent que la population qu'ils connaissent, ils refusent une municipalisation-privatisation de la saison assuré par un programmateur extérieur, lui-même en charge d'un établissement culturel important à 300 kilomètre de Romans, lui-même producteur de spectacles, "le nouveau type de "bulldoze" culturel".
Parmi ces signataire, on relève, bien sûr le nom des spectateurs assidus, celui de plusieurs anciens conseillers municipaux dont trois anciens chargés de la culture, Michel Lantheaume, Pierre Pieniek, Jean Sauvageon, mais aussi le soutien des créateurs, des auteurs, des comédiens des compagnies de la région et Brigitte Burdin du Transe Express, Jacques-Rémy Girerd de Folimage, Jean-Pierre Yvars, Françoise Maimone, Olivier Chiacchiari et bien d'autres.
L'Oeil Nu avait aussi introduit dans les établissements scolaires de la ville et pour les jeunes une véritable éducation au théâtre par les ateliers hebdomadaires, les rencontres avant et après les spectacles, les options théâtre pour la baccalauréats aux lycées Triboulet et Saint-Maurice. Ces actions expliquent que parmi les signataires, on trouve de très nombreux enseignants, des lycéens, des étudiants anciens élèves. Ces adolescents devenus adultes constituent une proportion importante des sepctateursd'aujourd'hui.
Il faut encore amplifier la protestation si l'on veut que Romans conserve cette spécificité de la culture confiée au monde associatif local, originalité reconnue à l'extérieur. C'est Gilles Rhodes et Brigitte Burdin de la Cie Trase Express qui écrivent dans une lettre au maire "La politique culturelle de la ville de Romans a souvent brillé à nos yeux par ses choix et la pluralité des ses acteurs. Notamment la saison réalisée par un collectif [...] fait figure d'exception". Ils ajoutent aussi : En 2005, le maire de Crest vire Transe Express, en 2009 le maire de Montélimar envoie balader le Théâtre du Fust, en 2010, le maire de Romans...".
On veut détruire une orientation dans la politique culturelle qui a mis du temps à se construire et qui es enviée par de nombreuse villes sans savoir de façon précise par quoi ce sera remplacé. L'étude sur les politiques culturelles a été engagée après la décision municipal ait été oralement ou par le biais des articles de presse, ignorant les temes très clairs des conventions et faisant di d'une concertation, d'une réflexion avec les acteurs culturels.
Drôle de démocratie !
Une négociation est encore possible pour sauvegarder que qui fait la spécificité de Romans. Des solutions peuvent être trouvées à l'intérieur du cadre construit avec patience et ténacité depuis plusieurs années. Des évolutions peuvent être envisagées mais pour cela faut-il encore que le dialogue soit ouvert entre la municipalité et la Cie de l'Oeil Nue dans le respect de la Convention et, plus largmeent, avec les acteurs culturels concernés.
Le Comité envisage d'autres actions, si nécessaire. Il est encore temps d'apporter son soutien à la protestation en signant, pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, et faisant signer la pétition.
Claudette Perret devant s'absenter, les signatures devront être retournées à jean Sauvageon, 5 impasse André Hénier 26100 Romans ou par courriel à jean.sauvageon@gmail.com
Les personnes qui souhaiteraient avoir un dossier complet sur la situation de l'Oeil Nu peuvent le demander à l'adresse ci-dessus.
Nos efforts conjugués permettront de maintenir une activité culturelle de qualité à Romans,une spécuficité remarquable de la programmation de la saison romanaise et de sauver la Cie de l'Oeil Nu.
Le 12 février 2010
Pour le Comité de soutien de l'Oei Nu
Marc Molinari, Claudette Perret, André Barlatier, Jean Sauvageon
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Lettre aux élus romanais

J'ai eu pendant une dizaine d'année le très grand plaisir de diriger la Bibliothèque minicipal, devenue Médiathèque de Romans sur Isère. Ce qui m'avait attiré vers Romans, c'est une certaine conception de la culture : conception en grande partie issue des réseaux de l'éducation populaire, à laquelle j'ai pu me former à Grenoble, et largement mise en oeuvre dans un grand nombre de villes de Rhône-Alpes. Dont Romans, à travers le dynamisme d'Etienne-Jean Lapassat et de Michel Lantheaume, de Henri Bertholet, de Pierre Piéniek, de Jean Sauvageon, de bien d'autres avec lesquels j'ai eu le plaisir de travailler.
Cette conception est basée (j'emplois ici le présent, pour bien marquer sa pérennité, au-delà des vicissitudes politiques) sur une idée simple. La culture n'est pas que la consommation plus ou moins passive, sporadique et ponctuelle, des produits de la création (livres, spectacles vivants, films, musiques enregistrées, tableaux, photographies...) Elle est certes tout cela, mais je répète, "pas que".
Elle est beaucoup plus largement mêlée au vécu, traversant la vie quotidienne de la population, dans un mouvement qui la réveille, la nourrit, donnant à chaque personne les moyens de maîtriser son environnement et sa vie, d'être pleinement acteur dea socièté, d'imaginer pour mieux comprendre, de mieux comprendre pour mieux participer.
La culture en action est tout à la fois générosité de l'acte d'offre, acte social par la réponse aux besoins, acte économique : les reponsables municipaux et les acteurs culturels doivent en avoir pleinement conscience, et s'investir dans la mise en oeuvre de ce qui fait ainsi la richesse, le ciment et l'originalité d'une collectivité. Exactement ce que'est depuis si longtemps la Cie de l'Oeil Nu.
La culture à Romans, pour moi, ce furent par eemple les moments magnifiques sur le quartier de la Monnaie, où tous les acteurs de terrain - bibliothécaires, enseignants, animateurs de MJC, responsables sociaux - travaillaient ensemble au service quotidien de la population. Ce furent les actions transversales, au cours desquels chacun avait le souci de donner un écho, d'enrichir le travail de l'autre en faisant circuler la population à travers les nombreux moments participatifs : fesival de théâtre, lectures mises en espace, université populaire, enthousiasme pour le Journal d'une Bourgeoise. Travail aussi au service de l'emploi, de l'inserion, de l'apprentissage tout au long de la vie, de l'émancipation des jeunes. De la joie de vivre !
La Cie de l'Oeil Nu a toujours été au premier plan de ce travail, et les liens que j'ai alors tissés avec elle dans un but commun au service de la ville perdurent au-delà des années. Est-ce conception qui est aujourd'hui, à Romans comme ailleurs, bousculée et remise en cause ?
Je constate avec amertume que beaucoup de "décideurs" (entendre : élus, technocrates de la culture, marchands de la culture) s'éloignent progressivement de cette comception. On feint de croire que la culture, c'est uniquement "l'accès" aux oeuvres : un ou deux visites par an dans unmusée, quelques spectacles, quelques fims, qeulques oeuvres... La politique culturelle se résume alors à cela : "donner accès" et s'en gargariser, et surtout mltiplier les actions "visibles" et "rentables", au service de la réelection permanente. J'ai ces dernières années travaillé avec des gens qui n'avaient que cette réponse à toute proposition, en guise de politique : "Quelle visibilité ?" le travail social en bibliothèque ? Aucune. Le travail de fourmi d'une compagnie de théâtre dans un lycée ? Aucune. On confie le travail (Festival de ceci, Nuit de cela, exposition, évènement...) à des entreprises, à des prestataires extérieurs sélectionnés sur marché public, fournisseurs d'une marchandise culturelle sans fondement, sans continuité, sans insertion sociale, indifférente aux acteurs locaux, et trop, souvent inadéquate. On copie des modèles, on croit pertinent de reprosuire partout de pâles images de ce qui a été imaginé dans un contexte bien précis, dans la durée.
Hypocrisie suprême : in feint de critique le soi-disant échec de la "démocratisation culturelle", et on passe à autre chose. Echec, oui, de la démocratisation condescendante, venue d'en haut, celle de malraux, celle qui ne se soucie que de "l'Oeuvre", celle qui ne part pas des personnes...
Alors réfléchissez-y, cher Henri Bertholet, Messieurs les décideurs romanais, avant de détruire un travail de toute une vie, pour toute une ville. Plus forteest la crise, plus les temps sont durs, plus "les gens" auront besoin de culture vécue, d'outils de pensée du monde, d'accopagnement émancipateur et créatif, de réflexion fondamentale sur l'humain. Je suis profondément convaincu que là réside le vrai socialisme quand les temps que nous vivons, la priorité va à la culture, à l'éducation, et aux liens sociaux.
Jean-François Jacques
Conservateur en chef en retraire,
Consultant,
Ancien secrétaire général du Conseil supérieur des biblithèques,
Ancien secretaire national del'Association des bibliothècaires de France,
Chevalier des Arts et Lettres.
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Lettre des professeurs de Lettres du Lycée Dauphiné

A Monsieur le Maire de Romans et son conseil municipal,
Les Professeurs de Français du Lycée du Dauphiné sont surpris et inquiets de la décision prise par la Ville de Romans de mettre fin à sa collaboration avec la Cie de l'Oeil Nu.
Chaque année, en effet, nous emmenons nos classes au théâtre et apprécions la qualité de la programmation, adaptée à un public jeune et inexpérimenté. Nos élèves, issus le plus souvent de milieux populaires, peuvent ainsi découvrir un art qui leur resterait sinon étranger.
Nous avons toujours, en tant qu'enseignants, trouvé, dans la programmation, des spectacles d'une grande qualité littéraire. C'est une chance de pouvoir bénéficier, à l'échelle d'une petite ville comme Romans, d'une telle opportunuté.
Par ailleurs, les interventions dans nos classes, avant ou après les spectacles, des membres de la compagnie ont été l'occasion de rencontres enrichissantes et simulantes pour nos élèves curieux de découvrir à la fois la dimension artistique et professionnelle des metiers du théâtre.
Il faut du temps pour créer de tels liens de confiance. Leur perte n'est pas aisément remplaçable, aussi nous espérons que vous saurez entendre notre souci d'assurer à nos élèves un contact avec une culture menacée et pourtant si importante dans notre socièté.
A Romans, le 20 janvier 2010

Professeurs signataires :
Mr Faurite Jean-Marie, Mme Piécourt Sandrine, Mme Beaume-Dumallet Véronique, Mme Lamende Sandrine, Mr Boyaud Damien, Mme Chaudier Nathalie, Mme Rouchon Marylise, Mme Galandon Aurèle.
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07-07-2010